Mercure de France

  • En toile de fond, la France de l'Ancien Régime sur le point de basculer dans la Révolution.
    Au premier plan, un couple d'amants passionnés, dotés d'un tempérament ardent et d'une plume hardie. Dans cette correspondance brûlante, qui emprunte à la plus pure langue classique l'élégance de son style et la richesse pittoresque de son vocabulaire, les deux protagonistes se dévoilent sans pudeur, rivalisant d'audace d'abandon, échangeant avec sincérité et humour leurs points de vue respectifs sur l'amour, le plaisir et la volupté.
    Au fil de ce roman épistolaire à la manière du XVIIIe siècle, où les images les plus crues s'allient avec bonheur aux sentiments les plus délicats, la sensualité féminine s'exprime avec une vérité sans détours et une rare liberté de ton, tandis que se dessine en arrière-plan le portrait vivant d'un homme, d'une femme et d'une société condamnée par l'Histoire.

  • Benjamin se décida enfin à passer à l'action. Mais il commença par explorer longuement de sa queue nos deux belles croupes fendues, nous faisant éprouver alternativement le velouté de son gland, simulant des pénétrations pour aussitôt se dérober, et nous rendant folles d'impatience et de désir au point que nous l'avons supplié de nous prendre sans plus attendre. Benjamin se montra très endurant, il nous fit jouir plusieurs fois. Ce fut à Béatrice que finalement il rendit les armes dans un grand cri et une ultime tension de tout son corps.

    Lorsque Émilie, la trentaine, accueille chez elle Benjamin, seize ans, elle ne sait pas que sa vie va basculer. Avec sa timidité et sa bonne éducation, l'étudiant émeut plus que de raison. En dépit de la différence d'âge, la cohabitation ne reste pas chaste longtemps. Émilie pensait initier le jeune garçon, qui se révèle un élève extrêmement doué : leur relation devient torride et exclusivement charnelle. Mais c'est compter sans Béatrice, l'amante d'Émilie, qui finit par découvrir cette relation et n'entend pas rester étrangère à ces nouveaux jeux sexuels...

  • 'La culotte, très blanche, me paraissait immense, haute, large. Je la baissai vite sur les cuisses claires. Le derrière de bébé, clair lui aussi, était bien bombé, mais, comme je l'avais supposé, manquait de dessin. Un derrière de gros bébé, fade, plus émouvant qu'excitant. Je ne le regardai ni ne le vis guère. Administrer une fessée, selon moi, implique un traumatisme tout autant pour le donneur. Je fessai la petite, non pas de toute ma force cela va de soi, mais en conscience. Ce postérieur enfantin ou presque et ce que je faisais me déplaisaient passablement. La petite eut le courage de ne pas crier ni pleurer. Aussitôt fini, je remontai la culotte, descendis la jupe sur les absurdes socquettes blanches.
    - Maintenant je vais m'occuper de Danièle.' Pour que la petite fille de sa voisine, colérique et intenable, se tienne tranquille, le narrateur propose un pacte à la mère dépassée : il représentera l'autorité paternelle et viendra régulièrement administrer des fessées à la petite. Principe d'éducation qui aura un corollaire, par pur souci d'équité : la mère devra systématiquement subir le même châtiment que sa fille...

  • Toujours de jeunes bourgeoises saisies par la débauche dans le Paris de l'entre-deux-guerres, toujours des péripéties originales. Nous entrons dans des ateliers d'artistes, des hôtels particuliers, des chambres de bonnes et d'autres lieux encore, puisque l'amour se conjugue partout... L'amour, toujours l'amour !

  • 'Sa main s'était posée sur ma braguette ! Elle en avait extrait ma queue et m'avait poussé en arrière : elle voulait la voir. Elle m'avait parlé d'une voix haletante, et les mots qu'elle avait prononcés m'avaient paru magiques : "Qu'est-ce qu'elle est grosse, ta bite !" De tous les compliments qu'on m'ait faits, ces paroles demeurent les plus belles. Sous ses yeux, ma queue en grand émoi avait craché son foutre trouble et brûlant qui était allé atterrir sur sa main et avait constellé ses cheveux de petites perles blanchâtres ; sous l'effet de la congestion, mon gland était rouge et avait un air idiot. Il ressemblait à un gros point d'interrogation. L'instant me marqua si profondément que, depuis, quand j'évoque une personne qui fond en larmes, je dis qu'elle pleure "comme une bite".' D'un érotisme cru, Histoire de Qu va droit au but et raconte de multiples expériences sexuelles. En dressant le portrait de Qu Wensheng, un jeune Chinois contemporain, Lucie Wu fait aussi le tableau humoristique et décalé d'un pays en ébullition (les événements de la place Tianan men) et en pleine révolution sexuelle.

  • Quand la narratrice invite un soir chez elle Don Juan, elle s'attend à passer une nuit inoubliable. Mais c'est véritablement un paradis insoupçonnable qu'il lui offre, même si Don Juan ne ressemble plus que de loin à sa légende.
    Lorsqu'il la quitte, un goût amer de vengeance la pousse à faire la rencontre de son fils, Giovanni, à peine quinze ans, beau comme un demi-dieu, qu'elle entreprend de séduire.

    Mais entre l'original et la copie juvénile, la narratrice perd pied. Et, du paradis, l'histoire galante sombre en enfer.
    Cécile Philippe, avec Don Juan, père et fils, a composé un roman très rythmé, détournant les procédés d'un mythe grâce à un savant dosage d'érotisme et d'ironie.

  • Adam, écrivain en mal d'imagination, accepte le marché que lui propose Simple, une jeune fille vierge que dévore une imagination brûlante. S'il écrit le livre pornographique qu'elle lui demande d'écrire, elle se donnera à lui. Dès lors, de confidences en aveux, de souvenirs en inventions, de témoignages en fantasmes, c'est avec une santé vigoureusement crue qu'ils confrontent leurs expériences respectives et se livrent à longueur de temps et de façon compulsive au plaisir des rêveries, des impatiences, des gestes, des mots et des partages sexuels.
    Cette situation paroxystique est l'occasion pour Franz Bartelt d'exercer sa verve inventive, truculente et rabelaisienne.

  • Loin des troubles politiques qui secouent Paris en cette fin du XVIIIe siècle, sourds aux grondements croissants du peuple ulcéré, le marquis de La Fare et le baron d'Albon n'ont que deux préoccupations dans la vie : le libertinage et le "beau sexe". Ils entretiennent une correspondance dans laquelle ils dévoilent leurs exploits amoureux. Leurs aventures, parfois cocasses, souvent scabreuses, contées dans leurs moindres détails, sont à vrai dire plutôt des mésaventures : un inventaire éloquent des Infortunes de la débauche ! En effet, à lire les hauts faits du marquis et du baron, le plaisir est loin d'être sans danger. Le baron, lorsqu'il ne se fait pas assommer et dépouiller pendant l'amour par le compagnon de la femme qui lui dispense du plaisir, manque de périr par les flammes à trop vouloir espionner de charmantes dames dans leurs élans saphiques ou voit, à sa plus grande honte, l'objet de sa virilité réduit à l'impuissance au plus mauvais moment. Quant au marquis, l'amour lui réserve aussi son lot de déconvenues.
    Écrites à la manière des romans épistolaires du XVIIIe siècle, ces Lettres fort inconvenantes de deux libertins mêlent légèreté de ton, finesse de la langue et ironie des situations.

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